La sculpture est pour moi une échappatoire de la vie réelle vers un imaginaire : mon imaginaire bercé par les chansons, les légendes, les histoires, les films . . . S’échapper, c’est fuir, mais surtout souhaiter une liberté qui ne nous est permise qu’ailleurs. Et cette liberté, je l’ai trouvé dans le dessin et dans le bois. Je cherche à retranscrire la mélancholie qui se cache derrière les masques, la réflexion qui se terre sous les rires hasardeux et proposer des images dans lesquelles chacun peut se retrouver.
J’entretiens un lien particulier avec les histoires, celles que l’on raconte aux enfants, celles que nous chuchotent les livres, puis celle que l’on se raconte soi-même plus tard et que l’on décide, ou non, de partager. Je perçois la vie comme une narration et la narration comme une trace de ce que l’on voit et de ce que l’on pense. Et moi, je veux m’assurer que ce que je suis est bien réel et que ce que je vois à travers mes sculptures est un compte rendu de ma propre perception du monde.
Et puis, dans la sculpture, il y’a la découverte : cette rencontre avec le personnage qui s’extirpe de la matière. Parce que je fonctionne comme ça, je pars de la tête, je finis par les pieds, c’est comme une naissance. La tronçonneuse et les gouges sont mes outils d’archéologie à moi, et je vois apparaître sous leurs efforts ces figures, souvent humaines, qui étaient coincées dans la masse avant que je ne vienne les découvrir.